Quelqu’un avec qui courir, David Grossman

Publié le par Miette

David Grossman est un des plus grands écrivains israélien du moment. Dans ce livre, il raconte les pérégrinations de Assaf un jeune garçon de 16 ans qui pour se faire de l’argent de poche travaille à la mairie de Jérusalem où il est chargé de retrouver le maître d'un chien égaré. En courant après Dinka, Assaf se lance sur les traces de Tamar. Mais ce simple job d’été va se transformer en véritable aventure qui l'amènera à rencontrer Tamar qui pour l’amour de son frère et pour le sortir de l’enfer de la drogue est prête à tout quitter : ses parents, ses amis, son chien Dinka pour aller vivre dans la rue.


Je pense que c’est le meilleur livre que j’ai lu depuis longtemps, voire depuis que je lis (depuis 20 ans environ).

En le lisant, ma principale réaction était « OUAHHHHH !!!! » avec le souffle coupé devant une telle beauté, un tel chef d’oeuvre. Il y a plusieurs choses dans ce livre qui méritent d’être soulignées : l’histoire bien entendu mais surtout l’immense talant de l’auteur, n’ayons pas peur des mots.


Commençons par l’histoire. Elle est très touchante, bien entendu. Tout ce qu’endure Tamar pour sauver son frère de la drogue et de la rue ne peut laisser personne indifférent. Cela peut paraître assez banal. Mais le personnage de Assaf ajoute une dimension à l’histoire. J’aime la manière dont David Grossman raconte l’histoire : on découvre peu à peu l’incroyable et dangereuse aventure dans laquelle s’est lancée Tamar à travers les pérégrinations de Assaf et de Dinka, le chien de Tamar.

Et puis ça se passe en Israël. C’est le premier livre d’un auteur israélien que je lis. Je n’avais jamais eu une telle vision d’Israël.

Mais ce livre ne s’arrête pas à ça !

C’est vrai que j’utilise un peu toujours les mêmes mots pour décrire un livre que j’ai aimé. Mais là, ça n’a rien à voir. Avec Quelqu’un avec qui courir, David Grossman atteint un niveau que peu d’écrivains peuvent prétendre avoir atteint un jour. Et je pèse mes mots.

Je ne crois pas avoir jamais ressenti une telle émotion de bonheur en lisant les mots d’un roman pas forcément joyeux (le contraire m’est déjà arrivé à maintes reprises ; je pense qu’il est plus simple pour un écrivain de provoquer la tristesse, le désespoir, le chagrin, la douleur. Mais en même temps, je n’ai jamais écrit, ou si peu, donc je ne sais pas trop).

Les descriptions de David Grossman sont extraordinaires.

Les passages où Tamar chante dans la rue sont de pures merveilles. David Grossman décrit les scènes et l’état d’esprit de Tamar avec une telle précision que « l’on s’y croirait » (ouais, un peu limite, je sais). En lisant ces mots, j’avais l’impression de me trouver moi aussi dans la rue, aux côtés de Tamar et de vibrer avec elle, de sentir monter en moi le chant d’abord faible puis puissant et d’entraîner avec moi tous les passants.

Bien entendu je n’arrive pas à retranscrire ici tous le talant de David Grossman alors le mieux c’est que j’écrive un des passages en question:

« Chanter dans la rue c'était se montrer jusqu'au fond d'elle-même. Elle fait un effort pour surmonter le trac, mais c'est encore si loin de ses rêves fous, quand la rue retient son souffle dès le premier son, que le laveur de vitres de Burger King interrompt ses tristes mouvements circulaires et le marchand de jus de fruits arrête sa machine en plein beuglement de carotte pressée... [...] Elle règle sa respiration et réprime le vertige qui soudain entraîne sa voix, elle oses lever les yeux, jeter un coup d'oeil au petit rassemblement, un dizaine de personnes autour d'elle... [...] Tamar sourit intérieurement, son professeur lui manque, elle gravit pour elle les marches imaginaires depuis la gorge jusqu'à l'oiseau secret au centre du front. »


Ce n'est qu'un extrait. J'aurais envie d'en écrire beaucoup d'autres mais le mieux c'est que vous lisiez vous mêmes le livre...


David Grossman semble avoir un tel rapport à la musique, au chant que c'en est très émouvant. Il doit avoir vécu cette expérience pour si bien en parler.

C'est un livre qui m'a profondément touché, vous l'aurez compris.

D’ailleurs, depuis je me suis remis à la musique, allez savoir pourquoi...


En écrivant ces lignes, je n’ai qu’une envie c’est de me replonger encore et encore dans ce livre.


D’ailleurs, je m’en vais de ce pas l’acheter. Je ne m’achète jamais de livres, je peux bien faire une exception. C’est pas ça qui va arranger mon découvert mais comment continuer à vivre sans « posséder » ce chef d'oeuvre, je vous le demande.


A lire absolument.



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cabaleb 21/09/2011 02:33


Merci


sandra 06/02/2008 15:49

je suis en train de le lire et je dois avouer que c'est vraiment magnifique (ce livre me fais étrangement penser a :"l'ombre du vent" de zafon) ,je suis presque a la fin et pour ne pas terminer trop vite je le lis très lentement...;
dés que j'aurais terminé je regarderais le film qui est superbe d'apres ce qu'on m'a raconté....
bonne lecture!

sylire 27/10/2006 16:25

Vu ton l'enthousiasme, je suis allée voir s'il était sorti en poche. Oui ! (points). Je le note pour un prochain achat (à moins que je ne le trouve à la biblio, ce qui serait encore mieux).

Thom 27/10/2006 12:09

Bien cet article !